« Le scandale Triman », ou pourquoi le recyclage aurait mérité un super héros un peu moins nul.

Dans le plus grand secret (ou presque), le Grenelle de l’environnement a accouché d’un monstre, le 1er janvier dernier. Après des années de gestation, la nouvelle figure de l’écologie, le pourfendeur des déchets inutiles, l’ultime symbole du recyclage a vu le jour.

Il s’appelle « Triman ». Et il est relativement moche.

Comme tous les super héros un peu nuls, Triman est pétri de bonnes intentions. Il vise à aider les consommateurs à mieux trier leurs déchets, en s’érigeant comme le seul et unique symbole des produits recyclables dans la jungle de messages et logos qui créent actuellement plus de confusion qu’autre chose.

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Tenez, à ce propos, vous saviez que le logo ci-dessous ne signifie en aucun cas que le produit peut être recyclé, mais seulement que l’industriel s’est acquitté de l’éco-contribution ?

image (voici donc… le plus féroce ennemi de Triman)

Bon venons en au fait : pourquoi Triman nous déçoit ?

Pas de méprise, hein : en tant que fervent apôtre des produits reconditionnés, Back Market se réjouit profondément de tout ce qui va dans le sens de la lutte contre le gâchis dans son ensemble. Mais deux choses nous attristent toutefois :

1. Triman est un super héros un peu tiédasse

Il semblerait que la résistance de nombre d’industriels au “projet Triman” ait fini par payer. Il faut ainsi rappeler que le logo était censé orner chaque produit recyclable depuis le… 1er janvier 2012.  Mais son lancement à grande échelle a été largement retardé par des lobbys de producteurs pas ravis d’accueillir le bonhomme sur leurs produits.

« Un marquage systématique, c’est une fausse bonne idée ». Tel était par exemple l’argument (un poil péremptoire et obscur) du Medef contre notre ami Triman.

A bien y regarder, ces producteurs réticents semblent avoir obtenu gain de cause : beaucoup de filières sont ainsi exemptées de faire figurer le logo sur leurs produits. Dont celles du verre, des produits chimiques… et des produits électroniques & électriques (qu’à cela ne tienne, on finira par les reconditionner tous) ! D’autre part, s’ils le souhaitent, les producteurs peuvent se limiter à publier le logo sur leur site web uniquement (donc à moins de passer sa journée à surfer sur www.peredodu.fr, le consommateur aura assez peu de chance de l’apercevoir).


2. Triman a un sex-appeal équivalent à celui de Michel Drucker :

 « La grande force du logo Triman sera de pouvoir faire une communication de masse ». C’est en ces termes que le chef du service recyclage à l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) présentait fièrement notre super-héros, il y a quelques jours. Le souci, c’est que niveau communication, en plus d’être sacrément laid, Triman est structurellement « statique » : aucun effort n’a été effectué pour créer un minimum de “teasing” autour de son lancement, rien n’a été fait pour pousser les français à se l’approprier.

C’est d’autant plus dommage que c’était une occasion en or de créer de la conversation avec le consommateur, de l’impliquer sur le sujet du recyclage, de lui demander d’y contribuer activement… pour in fine emporter son adhésion. On en veut pour preuve (et désolé pour la référence un peu kitch) le succès de « Super Victor », la mascotte de l’Euro 2016. Regardez plutôt : on a fait la comparaison du nombre de conversations sur twitter relatives aux deux sujets ces derniers jours…

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Bref, à nos yeux, le lancement de « Triman », c’est surtout une occasion manquée : celle d’avoir associé les industriels et les consommateurs, pour les pousser à « travailler ensemble » autour du problème du gaspillage.

Mais qu’à cela ne tienne, bientôt Back Market lancera « Recondition’man », le super héros des produits reconditionnés… et tous les logos du monde n’auront qu’à bien se tenir !

Pour lire le guide d’utilisation de ce magic logo publié par l’Ademe, c’est ici.

Et pour checker les produits franchement arrivés sur Back Market, hop hop ici !

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