Quel est l’impact de la pollution numérique ?

« Si l’on considère la totalité de son cycle de vie, le simple envoi d’un mail d’1 mégaoctet équivaut à l’utilisation d’une ampoule de 60 watts pendant 25 minutes. » (Françoise Berthoud, informaticienne au Gricad)

La croyance dans un monde « virtuel » est sans doute une des plus grandes illusions de notre époque. Internet n’est pas immatériel et la pollution numérique est bien réelle. Parce qu’on a tendance à très vite oublier que pour soutenir tout ça, il faut construire et maintenir des milliers de data centers qui stockent l’information, des kilomètres de réseaux qui la transportent et des millions d’ordinateurs, tablettes et smartphones pour s’y connecter. Alors évidemment, tout ça a un coût.

Mais lequel ? Et comment le diminuer ?

Le numérique : un puits énergétique sans fond

Le secteur du numérique représente 4,2 % de la consommation en énergie primaire et émet 3,8 % des gaz à effet de serre mondiaux. Qu’est-ce que ça veut dire ? Eh bien que son empreinte est 2 voire 3 fois supérieure à celle de la France. Et ce n’est pas tout, puisqu’elle sera encore multipliée par 2 d’ici 2025 si on continue à consommer autant, d’après une étude de Green IT (22 octobre 2019).

Terminaux
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30 % de cette consommation électrique est dévorée par les équipements terminaux (ordinateurs, tablettes, smartphones, objets connectés).

Data centers
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30 % par les data centers (sans compter l’énergie nécessaire pour climatiser les circuits électroniques et éviter la surchauffe lors du fonctionnement des processeurs)

Réseaux
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40 % par les réseaux, ces « autoroutes de l‘information ».

Les terres rares : un enjeu écologique et géopolitique

Si ce système nécessite de l’énergie pour fonctionner, il a aussi besoin d’un corps. Là encore, la quantité de métaux utilisés dans les composants électroniques ne cessent d’augmenter. Un smartphone aujourd’hui contient environ 40 métaux et terres rares, soit 2 fois plus qu’il y a 10 ans. 

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Métaux et terres rares dans un smartphone

Or, extraire ces matériaux pollue, les acheminer vers les lieux d’assemblage pollue et leur fin de vie pollue.

A quoi ressemble cette pollution ? Rivières contaminées par des rejets toxiques, pluies acides, destruction de la biodiversité locale, cancers précoces

Comme si ça ne suffisait pas, le marché de ces matériaux est un enjeu géopolitique hautement sensible. L’exploitation de ces ressources stratégiques devient progressivement le monopole de la Chine, qui contrôle à elle seule 97% de la production des terres rares.

Comment agir sur la pollution numérique ?

Mais alors à qui la faute ? A la Chine ? Aux data centers ? Aux producteurs de terminaux ? A nous autres, utilisateurs ? Une chose est sûre, nous avons notre mot à dire sur la consommation des quelques 34 milliards d’équipements numériques dans le monde. Freiner la fabrication d’appareils neufs en allongeant la durée de vie des nôtres, en évitant le suréquipement et en achetant reconditionné est un levier d’action. Assainir notre utilisation du web en est un autre. 

Vous trouverez une sélection de pratiques efficaces pour réduire la pollution numérique ici :

1. Acheter reconditionné et revendre ses anciens modèles

2. Comment garder ses appareils longtemps ?

Si vous avez d’autres astuces pour réduire la pollution numérique au quotidien, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

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