moteur de recherche écologique

Moteur de recherche écologique : Ecosia, Lilo ou Ecogine?

Vous cherchez un moteur de recherche écologique ? Vous avez entendu parler d’Ecosia ou de Lilo ? Vous faites bien : le vaste monde du web représente à lui seul presque 10% des émissions de gaz à effet de serre, et les nouvelles technologies qui envahissent notre quotidien sont aujourd’hui de plus en plus connectées. Les centres de données et les serveurs étant pour la plupart alimentés grâce à des énergies fossiles comme le charbon et le nucléaire, on remarque une réelle prise de conscience de la part des internautes qui se dirigent davantage vers des solutions de navigation de plus en plus écologiques.

Si de simples gestes comme celui de désactiver les notifications, vider la boîte mail régulièrement ou encore envoyer des mails sans pièces jointes offrent la possibilité de réduire la pollution numérique, certains voient encore plus loin pour permettre aux utilisateurs la possibilité de réduire leur empreinte carbone sur internet. La création de moteurs de recherches écologiques fait partie de ces initiatives solidaires qui visent à développer l’écologie numérique. Voyons tout cela de plus près.

Qu’est-ce qu’un moteur de recherche écologique ?

Si vous vous attendez à lire qu’un moteur de recherche écologique pollue moins que les plus connus à l’image de Bing, Google ou encore Yahoo, vous risquez d’être déçu. Peu importe de quel moteur de recherche il s’agira, il demeurera malgré tout un métamoteur qui utilisera sensiblement les mêmes technologies que n’importe quelle autre application.

Il faut tout de même un élément spécifique pour pouvoir parler de moteur de recherche solidaire, et celui-ci réside dans la manière de reverser les bénéfices. Nés du constat que les revenus générés par les publicités sur les moteurs de recherche sont relativement importants, ces moteurs dits écologiques choisissent de reverser une partie de ces revenus à des causes humanitaires, sociales ou environnementales afin de compenser leur empreinte carbone.

Quel est l’impact en CO2 de vos recherches en ligne ?

Internet est un outil formidable qui nous permet d’accéder à toutes les informations possibles et imaginables en quelques clics. Aujourd’hui profondément ancré dans notre routine quotidienne, la crise sanitaire que nous traversons depuis décembre 2019 n’a d’ailleurs fait que consolider encore davantage l’expérience que nous avons sur le web : courses en ligne, cours de sport en ligne, rencontres en ligne, réseaux sociaux et visionnage de vidéos, télétravail, etc. Pourtant, chaque fois que nous sommes sur le web, nous participons, sans forcément en avoir conscience, à la pollution numérique.

D’après Green IT, la quantité d’émissions de gaz à effet de serre générée par internet varie de la façon suivante :

  • Les utilisateurs du web contribuent à hauteur de 47% des émissions.
  • Le réseau à 28%.
  • Le Data Center, ou centre de données, à hauteur de 25%.

Quelles sont les origines de la pollution numérique ?

La pollution numérique représente toute la pollution générée par les nouvelles technologies (smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connectés, etc.). Mais saviez-vous que bien que les émissions de CO2 de toute cette industrie soient dues pour moitié à la fabrication des équipements, l’autre moitié est causée par l’usage d’internet ? Pour faire court, le web représente un réseau de quasiment un million de kilomètres de câbles et plus de 3000 centres de données (mails, pages web, photos, musiques, vidéos, etc.) répartis à travers la planète.

Le streaming vidéo représente à lui seul 60% des flux de données sur internet. En cause, le poids du fichier. Prenons l’exemple d’un film sur Netflix en très haute résolution (4K), celui-ci représente environ 10 GO, soit 200 000 fois plus qu’un email envoyé sans pièce jointe. Chaque année, la consommation mondiale de streaming vidéo affiche un triste record de 300 millions de tonnes de CO2 !

Par ailleurs, selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (l’ADEME), si internet devait être un pays à lui tout seul, il serait le 6ème plus grand consommateur d’énergie de la planète. Toujours selon l’ADEME, la forte augmentation des usagers à l’échelle mondiale et la consommation personnelle de données laissent présager le doublement de l’empreinte carbone d’ici 2025. Pas très glorieux comme constat prévisionnel…

Quelles sont les sources d’énergie les plus couramment utilisées ?

Si de plus en plus d’entreprises s’engagent ou pensent s’engager vers une utilisation d’énergies 100% renouvelables telles que les énergies solaires, éoliennes, géothermiques et hydrauliques, certaines en revanche comme Netflix, Twitter ou encore Amazon sont à la traîne et continuent d’utiliser les énergies fossiles telles que le gaz, le charbon et le nucléaire.

Le crédit carbone est-il une solution ?

Le crédit carbone représente une unité qui équivaut une tonne de CO2 séquestrée ou évitée. Pour illustrer cette définition, un projet de reforestation, comme le fait par ailleurs un moteur de recherche dont nous parlerons plus bas, permettra de séquestrer 10 000 tonnes de CO2, ce qui pourra donner lieu à l’attribution de 10 000 crédits carbone si les critères sont suffisamment respectés. Toutefois, cette méthode a malheureusement ses limites puisqu’un arbre planté n’est pas nécessairement un arbre qui pousse et bien que le but soit de permettre aux arbres d’absorber le carbone rejeté, ce phénomène varie en fonction de l’âge et de l’essence de l’arbre…

Nous pouvons compléter cet exemple avec l’échange de quotas mis en place par les accords de Kyoto et qui consiste à acheter des crédits carbone à des entreprises voire à des pays investis dans une approche numérique écoresponsable. Mais bien que ce système soit intéressant, si l’on prend un pays comme l’Inde pour exemple, il est légitime de se demander si celui-ci sera en mesure de compenser ses rejets de carbone en achetant des crédits à une entreprise écoresponsable d’une petite ville canadienne par exemple.

Les moteurs de recherche écolos compensent-ils donc réellement la pollution ?

Comme nous l’indiquions plus haut, certaines entreprises visent l’écologie numérique et souhaitent permettre aux internautes de réduire leur empreinte carbone. Parmi les moteurs de recherche écologiques ou solidaires, nous avons retenu :

Ecosia

moteur de recherche écolo

Ecosia est le moteur de recherche vert le plus connu sur le marché des métamoteurs écologiques. Séduisant les internautes pour son programme de reforestation, cette association à but non lucratif se fait fournir ses publicités ainsi que ses résultats de recherche par Bing.

Ainsi, en réalisant des recherches sur Ecosia, des publicités en lien avec vos requêtes vont lui permettre de générer des revenus. Une partie des bénéfices de ces derniers servira alors à planter des arbres dans l’hémisphère Sud. Il faut compter environ 45 recherches pour permettre la plantation d’un arbre. Sachant qu’un arbre absorbe entre 20 et 50 kg de CO2 par an et qu’une recherche sur le web génère 10 grammes de carbone, la compensation se montre suffisante. De plus, ayant construit deux centrales photovoltaïques dans le but de couvrir ses besoins en électricité, le bilan carbone de cette entreprise se veut très prometteur.

Son partenaire Bing n’est quant à lui pas totalement vert puisqu’il n’utilise, d’après les dires de Microsoft, que 50% d’énergies renouvelables pour alimenter ses data centers. Nous saluons tout de même la volonté du géant d’afficher un impact carbone négatif d’ici 2030.

Comment installer Ecosia comme moteur de recherche ?

Si vous souhaitez utiliser Ecosia comme moteur de recherche permanent, vous pouvez facilement faire en sorte qu’il devienne votre page d’accueil sur votre navigateur. Pour ce faire, peu importe le navigateur que vous utilisez (Firefox, Google Chrome, Edge, Safari ou encore Internet Explorer), rendez-vous ici dans un premier temps et cliquez sur l’onglet en bleu Ajouter Ecosia à (votre navigateur). Suivez les instructions et terminez par cliquer sur Oui afin de définir Ecosia comme votre moteur de recherche par défaut.

Ecogine

moteur de recherche éthique

Si votre métier vous impose des recherches régulières sur le web, ce moteur de recherche éthique est fait pour vous. Utilisant des résultats de recherche fournis par Google, Ecogine permet ainsi de profiter des algorithmes de ce géant du web tout en soutenant une cause écologique. Cerise sur le gâteau, il s’agit d’un moteur de recherche français !

Le système est simple, chaque clic effectué sur une publicité présente sur Ecogine génère des revenus reversés à hauteur de 10% à des associations à but environnemental élues par…. Vous !

Pour aller plus loin dans la limitation de consommation énergétique, Ecogine va jusqu’à utiliser les services de l’hébergeur Infomaniak. Ce dernier, qui se veut écologiquement neutre, dispose d’un centre de données situé en Suisse et est naturellement ventilé. Il ne requiert donc pas de climatisation et est exclusivement alimenté par des énergies renouvelables. 1% du chiffre d’affaires de l’hébergeur est par ailleurs reversé à des associations environnementales ou sociales.

Le bilan du moteur de recherche vert Ecogine est donc très positif, même si son partenaire Google n’utilise que 30% d’énergies renouvelables. Mais le géant américain fait tout de même des efforts pour compenser son bilan environnemental en ayant recours au système de compensation carbone que nous évoquions plus haut.

Comment définir Ecogine comme moteur de recherche par défaut ?

Comme pour Ecosia, vous avez la possibilité d’opter pour définir Ecogine comme moteur de recherche par défaut sur votre navigateur. Pour ce faire rien de plus simple, rendez-vous ici et en haut à droite cliquez sur l’icône tout à droite puis sur Ajouter à (votre navigateur).

Lilo

ecosia ou lilo

Autre moteur de recherche écologique français, Lilo n’est pas une association comme les deux premiers que nous venons d’évoquer. SAS à but lucratif, ce moteur de recherche éthique offre la possibilité aux internautes de soutenir des actions sociales ou environnementales à hauteur de 50% du chiffre d’affaires de la société, dont 10% exclusivement réservés à des initiatives de compensation carbone.

Les résultats de recherche de ce métamoteur provenant de Yahoo, Google et Bing, il est impossible de déterminer la part que chacun d’entre eux représente même si Yahoo semble être celui qui utilise davantage d’énergies renouvelables comparé à Google et Bing.

Le bilan carbone de Lilo contraste toutefois avec son choix d’hébergeurs (OVH et Online) qui ne semblent pas particulièrement préoccupés par l’environnement, mais l’objectif de la société visant davantage les actions humanitaires plutôt que la préservation de la nature, cela ne l’empêche pas d’attirer de plus en plus d’utilisateurs pour d’excellentes raisons.

Définissez Lilo comme moteur de recherche

Ici encore, vous pouvez définir Lilo comme moteur de recherche par défaut. Pour ce faire, commencez par vous rendre ici et cliquez sur Ajouter Lilo à (votre navigateur). Suivez les instructions et terminez par cliquer sur Ajouter l’extension.

 

Ces moteurs de recherche éco responsables respectent-ils aussi vos données personnelles ?

Vous devez certainement être rassuré en lisant sur ces moteurs de recherche écologiques que vos données personnelles leur tiennent à cœur ? Attention à l’ascenseur émotionnel qui va suivre, il n’en n’est rien ! Ces moteurs de recherche écologiques que nous venons de vous présenter utilisent en effet tous la régie publicitaire de leur partenaire (Google, Yahoo et Bing). La publicité étant leur moyen de générer des revenus, ces dernières doivent être ciblées, ce qui nécessite, même partiellement et temporairement l’utilisation de certaines de vos données confidentielles.

Pas de panique toutefois, si vous refusez que vos données personnelles soient utilisées, que votre moteur de recherche soit écologique ou non, vous avez toujours la possibilité de refuser leur exploitation en vous rendant sur les pages « vie privée » de chaque métamoteur. Mais si vous vous y refusez, vous ne participez pas au système de financement de ces différentes sociétés écolos puisque s’il leur est impossible de générer des publicités ciblées sur vos requêtes, les moteurs de recherche ne gagnent pas d’argent, et sans argent, pas de reforestation et pas de sauvetage d’animaux. C’est un choix personnel !

 

Alors, quel moteur de recherche écologique choisirez-vous pour équilibrer votre empreinte carbone sur le net ?

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1 Comment

  • Reply ecogine.org July 7, 2021 at 3:28 pm

    Bonjour,
    Ecogine le seul moteur de recherche associatif français va procéder à un nouveau don cet automne 2021. Si vous êtes une association environnementale et que vous souhaitez participer au vote pour obtenir un don cet automne alors présentez votre candidature sur la page contact d’ecogine.org.

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