La seconde main fera-t-elle la mode de demain ?

La question se pose de plus en plus. En effet, le vêtement d’occasion, qui représente un marché de 24 milliards de dollars, menace sérieusement les marques de fast fashion comme Zara et H&M…

La fast fashion face à une nouvelle concurrence…

Les retailers comme Zara et H&M dominent le monde de la fast fashion. À titre d’exemple, Inditex, le propriétaire de Zara, a fait un bénéfice de 3,44 milliards d’euros en 2018.

Mais avec la concurrence des achats en ligne (les ventes en ligne représentaient 12 % des ventes totales d’Inditex, contre une moyenne de 27 % aux États-Unis), l’attrait des consommateurs pour les vêtements neufs pourrait bien s’estomper…. Explications :

Les gens commencent à investir dans la mode d’occasion au détriment des vêtements neufs, selon un rapport publié en mars 2019. Le marché de l’habillement d’occasion valait 24 milliards de dollars aux États-Unis en 2018, contre 35 milliards de dollars pour la fast fashion, d’après les chiffres publiés par le magasin en ligne thredUP et la société d’analyse GlobalData.

Cependant, d’ici 2028, le marché de la mode d’occasion devrait monter en flèche pour atteindre les 64 milliards de dollars aux États-Unis, alors que celui de la fast fashion n’atteindra que 44 milliards de dollars.

… qui bouleverse les habitudes de consommation

Ni H&M ni Zara n’ont atteint les bénéfices escomptés cette année. Le bénéfice trimestriel de H&M a chuté de 10 % au quatrième trimestre, a annoncé la marque en janvier, et elle attribuait cette baisse aux investissements dans ses activités en ligne et à la concurrence de Zara, Primark et ASOS. Fin mars, Inditex a annoncé une croissance des ventes de 7 % au cours des cinq premières semaines de son nouvel exercice financier, toutefois les analystes se sont montrés sceptiques. “C’est moins de la moitié du taux de croissance annoncé par Inditex il y a à peine deux ans et nous pensons que cela indique que le profil de croissance du groupe ralentit fortement”, a déclaré Morgan Stanley dans une note à l’époque.

Acheter des vêtements d’occasion n’implique plus de fouiller dans des friperies : des sites comme thredUP aux États-Unis, Thrift+ au Royaume-Uni , ou encore Vinted et Vestiaire Collective en France, facilitent l’achat et la vente en ligne de vêtements de seconde main.

Par rapport à l’ensemble du marché de l’habillement, la croissance des reventes a été phénoménale“, a déclaré Neil Saunders, directeur général de GlobalData, dans le rapport envoyé par courriel à CNBC. “Ce marché répondant de façon unique aux préférences des consommateurs en matière de variété, de valeur et de durabilité, nous nous attendons à ce que cette forte croissance se poursuive”, a-t-il ajouté.

La seconde main : la mode de demain !

Selon le rapport, environ 13 % des vêtements rangés dans les placards des femmes seront probablement d’occasion d’ici 2028, contre 6 % en 2018.

Les articles milieu de gamme des chaînes comme Gap et J. Crew devraient représenter 14 % de ces placards (contre 20 % en 2018), et les achats dans les grands magasins connaîtront également une baisse, de 14 % en 2018 à 9 % en 2028.

Alors que la mode durable devient à la fois une nécessité et une tendance, les consommateurs cherchent de nouvelles façons de remplir leurs placards. ThredUp a déclaré que les ventes de ses “Clean Out Kits” avaient connu une hausse de 80 % après la première diffusion en janvier de l’émission de Marie Kondo, experte en rangement, sur Netflix. En novembre, les législateurs britanniques ont écrit à cinq sites dont Amazon et ASOS pour leur demander comment ils s’assuraient que les ouvriers du textile recevaient le salaire minimum et quels matériaux recyclés ils utilisaient.

Les gens n’achètent pas seulement en occasion de la mode rapide : il existe aussi un énorme marché pour les biens d’occasion de luxe. La start-up en ligne The RealReal vend des vêtements et accessoires de luxe de seconde main et a réuni un financement de 288 millions de dollars. La fondatrice et PDG Julie Wainwright a dit qu’elle voulait changer la perception des entreprises d’expédition et que sa société possédait maintenant aussi deux magasins et neuf points de dépôt aux États-Unis.

Les articles des marques de luxe Burberry, Alexander McQueen et Versace sont susceptibles d’attirer les meilleurs prix de revente sur le marché haut de gamme. Au bas de l’échelle, les produits de Toms, Herschel et Keds sont les trois premiers en termes de valeur de seconde main.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.