neutralité du net

La neutralité du net, c’est quoi au juste ?

Difficile à croire, mais c’est Donald Trump qui a amené ce sujet complexe sur la place publique. Back Market vous explique tout et promis, de façon aussi neutre que la Suisse.

De quoi parle-t-on ?

C’est le principe fondateur du web qui veut que les flux d’informations sont traités de manière équivalente. Pour schématiser, qu’il s’agisse de recherches contre l’extinction des bébés licorne, d’un devoir de SVT de 5e, ou des plans d’une bombe thermo-spatiale du Dr No, les infos circulent toutes à la même vitesse.

Pour filer une métaphore ferroviaire, il n’y a ni première classe VS dernière classe, ni TGV VS Intercités, ni rails premium VS réseau secondaire pourri.

Il y a ceux qui sont contre…

Comme le PDG d’Orange, Stéphane Richard, au même titre que nombre d’opérateurs.

Et ce, notamment parce qu’on est en train de développer des besoins différents : l’internet des objets connectés en premier lieu nécessite plus de puissance, plus de réactivité, plus de disponibilité des réseaux.

La levée de la neutralité permettrait de contrôler manuellement la bande passante pour prioriser, en cas de souci, l’internet indispensable de l’internet récréatif.

Repenser internet, c’est donc construire des infrastructures qui peuvent accueillir ces différents canaux. D’après certains, avec l’arrivée de la 5G (en 2021), ça deviendra rapidement inévitable. Qui dit investissement, dit besoin de financement… Un financement tout trouvé avec un accès à internet à la carte avec surcoût en fonction de l’usage.

Une hiérarchie des besoins s’installe. C’est la pyramide de Maslow des internets : en bas, les usages fondamentaux (oui, dans pas longtemps, vous ne pourrez plus vous passer de votre Google Car). En haut, les internets accessoires, comme Candy Crush.

Et ceux qui sont pour.

La neutralité du net est un principe fondateur. C’est les communistes version 2.0 : poids lourds ou poids plume, chacun a le droit à la même bande passante et au même prix. Vous lancez un Skyblog sur votre collection de sculptures sur allumette ? Il bénéficiera de la même bande passante (toute proportion gardée) que Facebook.

Votre opérateur ne se lancera jamais dans un petit chantage sur l’air de « si tu ne me payes pas plus, ton site va ramer plus fort qu’un galérien romain » ; il n’ira jamais (en théorie) fouiller le contenu de vos pages pour juger, souverainement, si elles sont dignes d’intérêt ou pas ; il ne vous demandera pas non plus un surcoût parce que vous être utilisateur de Replay télé, de réseaux sociaux ou de streaming.

Les défenseurs de la neutralité du net avancent avant tout l’argument démocratique : le libre accès à l’information pour tous.
C’est également un danger pour les sites comme Netflix (vigoureux défenseur de la neutralité) qui n’aurait jamais pu se développer avec cette ampleur s’il n’avait pas pu toucher autant de monde.

La fin de la neutralité du net, c’est pour bientôt ?

Aux Etats-Unis, grâce à Donald, c’est devenu une réalité. En Europe, c’est une autre limonade. Le cadre législatif est plus rigide, notamment en France où la Loi pour une République numérique de 2016 grave ce principe dans le marbre.

Mais les lobbies du secteur pèsent 100 millions de dollars chez l’Oncle Sam… Une pression qui pourrait faire s’effriter ce bloc de marbre en un battement de cil.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply