Earth Hour : et si on éteignait (aussi) les Internets pendant une heure ?

 Comme chaque année depuis 10 ans, Earth Hour invite le monde entier à éteindre la lumière et couper le courant. Que ce soit chez soi, au travail, ou dans les rues, l’idée est d’éveiller les consciences sur le changement climatique. Cette année c’est le samedi 25 mars, à 20h30.

Imaginé par le World Wild Fund, le mouvement Earth Hour incite chaque individu à réfléchir au poids de ses décisions individuelles, et à l’impact de mouvements coordonnés sur le changement climatique. Eteindre le courant une heure pour au final, changer ses habitudes de consommation d’énergie durablement. Telle est l’ambition !

 

Internet et l’e-commerce : au centre de l’initiative

Back Market, acteur de l’économie circulaire et de la consommation raisonnée, s’associe à cet engagement. Consciente de l’énorme impact environnemental de l’e-commerce et d’Internet en général, l’entreprise s’engage aussi pour cette heure « off » tout en restant lucide sur l’évolution des modes de consommation.

L’initiative Earth Hour nous ressemble. On ne cherche pas à inciter les gens à vivre déconnectés dans une cabane avec un tourne-disque à manivelle et l’intégrale de Daniel Guichard pour seul divertissement. On leur propose juste de prendre de la distance par rapport au concept d’obsolescence programmée et à l’injonction d’acheter un smartphone neuf tous les 6 mois”, expliquent les fondateurs de Back Market. De même, Earth Hour ne joue pas les révolutionnaires déconnectés. Il s’agit d’une invitation à remettre en question la frénésie de consommation d’énergie (et au-delà de la façon dont on consomme la culture, l’information, etc.). Le but est bien d’aller vers quelque chose de plus maîtrisé, de plus conscient.

La consommation d’énergie d’Internet : des coupables faciles et des seconds rôles de taille

Si tout le monde pense aux serveurs, épouvantails du discours énergétique, l’internaute moyen n’est pas en reste. Ils représentent près de la moitié de l’énergie consommée ! Et bien sûr, au chapitre des gros consommateurs, certains sites de vente en ligne volent la vedette aux évidents Google et FacebookCes derniers consomment hangars, transports et services clients particulièrement énergivores.

Les sites de streaming vidéo sont les autres mauvais élèves. Netflix représente 10 % de la consommation d’internet en France aux heures de pointe. Youtube fait également pâle figure mais ce n’est rien comparé à l’ensemble du secteur pornographique. Grand pourvoyeur de courts et longs métrages, leur qualité est néanmoins inversement proportionnelle à leur consommation d’énergie.

Parlons concret. Une heure d’Internet en moins, ça représente quoi ?

Si on se concentre juste sur les recherches Google, en une heure, on consomme autant que pour la production de 55 tonnes de viande bovine de A à Z. Soit une véritable explosion de votre taux de cholestérol.

Chaque heure, 18 milliards d’e-mails sont envoyés. Ce chiffre ne compte pas les spams qui à eux seuls représentent 10 milliards d’envois par heure ! Soit 72 000 tonnes de CO2 (et donc plus de 5 000 tours du monde en avion).

 

En 60 minutes, 115 000 achats sont validés rien qu’en France. Soit pour un panier moyen à 75€, ce sont 8,6 millions d’euros dépensés. Avec cette somme, on peut habiter au Ritz pendant plus de 2 ans et demi

Impossible de calculer l’impact carbone des livraisons à domicile de ces achats. Elles concernent pourtant 73 % d’entre eux. Soit un minimum de 83 000 trajets en camions (après parfois quelques milliers de kilomètres de transport). Tout ça pour trouver dans sa boîte aux lettres le peigne à moustache trouvé sur un site de Brooklyn, le portrait du Che en crochet déniché sur un site allemand underground. Et bien sûr, la bio de Loana dédicacée achetée aux enchères sur un site thaïlandais.

 

Côté réseaux sociaux, 14 millions de statuts sont updatés par heure, rien que sur Facebook. A cela s’ajoute 48 millions de likes et près de 30 millions de photos sur ce même réseau. Sur Tinder, ce sont plus d’un million de swipes… Ce qui représente une jolie collection de râteaux virtuels.

 

 

Au total, des palettes et des palettes de CO2 brûlées en une heure… Et autant de remises en question de notre modèle. La bonne nouvelle, c’est qu’à notre échelle, on peut agir aussi :).

 

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